Les liftings segmentaires : frontal, temporal, centro-facial, endoscopique
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Les liftings segmentaires : frontal, temporal, centro-facial, endoscopique
Description

Les dernières années ont vu l’avènement de la toxine botulique et le triomphe de ses indications dans la partie supérieure du visage, ainsi que nous l’avons décrit dans la Médecine esthétique ; beau, belle sans bistouri. La simplicité du geste, la tolérance et l’innocuité du produit ont fait reculer les indications de liftings segmentaires de la moitié supérieure de la face. Il reste tout de même quelques indications : les patients qui ne veulent pas de soins bisannuels ou ne peuvent pas les effectuer du fait de leur lieu de résidence, ceux qui présentent une contre-indication à l’usage du Botox® et enfin ceux qui préfèrent un traitement radical et durable à des soins répétés ou qui sont rétifs à l’utilisation de la toxine botulique.

De quoi s’agit-il ?
  • Le lifting frontal a pour objectif d’atténuer les rides du front : rides horizontales profondes, rides du lion (qui, au nombre de une à trois, siègent verticalement entre les sourcils) et pattes-d’oie. Il permet en outre d’agir sur la position des sourcils et la lourdeur de la paupière supérieure. Cette intervention est plutôt à réserver aux femmes étant donné la variabilité dans le temps de l’implantation des cheveux chez l’homme.
    • Le lifting temporal ouvert agit, quant à lui, quasi exclusivement sur la chute de la queue des sourcils et les pattes-d’oie. On l’appelle aussi « minilift temporal » ou « minilift mannequin ». Attention là encore chez l’homme, qui risque de voir se dégarnir avec le temps la zone où aurait été placée la cicatrice.
    • Le lifting fronto-temporal endoscopique a d’autres ambitions, puisqu’il agit sur les rides frontales, les rides du lion, les pattes-d’oie et les sourcils, mais sans réséquer de peau, c’est-à-dire sans cicatrices excédant 1 centimètre dans le cuir chevelu. Cette technique, qui a connu son heure de gloire dans les années quatre-vingt-dix, est en net recul aujourd’hui.
    • Le lifting centro-facial conserve aujourd’hui toutes ses indications. Il agit sur les cernes, sur les pommettes et un peu sur le sillon nasogénien, et s’effectue par des incisions limitées aux paupières et/ou une moucheture dans la tempe.
    Ces techniques, bien que moins complexes et d’une durée plus limitée que le lifting cervico-facial, ont beaucoup de points communs, dans les suites opératoires notamment, c’est pourquoi nous avons souhaité les regrouper.
    Certains gestes peuvent compléter une des interventions précédentes, mais font rarement l’objet d’une opération à eux seuls, ce sont la suspension de la boule de Bichat, le rehaussement et le renforcement des pommettes, l’étalement des pattes-d’oie, la section du muscle abaisseur de l’orbiculaire des lèvres et des commissures de la bouche, le comblement des sillons nasogéniens et la lipoaspiration.
    • La suspension de la boule de Bichat : la boule de Bichat est le coussinet de graisse qui donne les bonnes joues rondes chez le sujet jeune. Le temps et l’action de la gravité la font migrer vers le bas, ce qui creuse encore les sillons nasogéniens. Cette structure peut être remontée et remise ainsi à sa place.
    • Le rehaussement et le renforcement des pommettes : ils accompagnent naturellement la plicature et la remise en tension du SMAS. Celle-ci peut, volontairement, être plus ou moins marquée.
    • L’étalement des pattes-d’oie : il s’effectue par action directe sur le muscle orbiculaire des paupières.
    • La section du muscle abaisseur de l’orbiculaire des lèvres et des commissures de la bouche (docteurs C. Le Louarn et M. Divaris) : c’est le seul geste qui puisse venir à bout du fameux pli d’amertume, par une contre-incision courte à l’intérieur de la bouche.
    • Le comblement des sillons nasogéniens : il peut être envisagé dans le même temps que le lifting, soit par injection de graisse, soit par mise en place d’un implant de comblement (Gore-Tex®).
    • La lipoaspiration : elle est souvent associée au niveau des joues, du cou et de la région sous-mentonnière (aspect de double menton). Son rôle est de dégraisser les tissus sous-cutanés d’un visage rond, mais, plus encore, de créer un maillage dont l’évolution permet à la peau de se rétracter.
La consultation préopératoire

Très semblable à celle du LCF, la consultation préopératoire doit s’attacher en outre à bien cerner les motivations et la demande précise du patient. Il faudra la compléter par une étude de la motricité des muscles frontaux, temporaux et des orbiculaires des paupières, et surtout bien expliquer ce que l’on peut attendre de l’intervention et ce que l’on ne peut pas en espérer. Cela permet d’obtenir un authentique consentement éclairé et, surtout, met à l’abri d’une déception postopératoire.

Les modalités pratiques
  • L’anesthésie : on peut faire appel soit à une neuroleptanalgésie (NLA), soit à une anesthésie générale classique. Le choix sera défini conjointement par le chirurgien et le patient, et éventuellement l’anesthésiste. On a de plus en plus souvent tendance à proposer une anesthésie générale pour ce geste, qui un peu long ; c’est alors la situation de confort, en dehors de toute contre-indication.
  • L’hospitalisation : elle est en règle générale assez courte, de l’ordre de 24 heures. La plupart d’entre nous faisons sortir nos patients le lendemain de l’intervention après ablation du volumineux et confortable pansement pratiqué en fin d’intervention au bloc et des drains éventuels. Si possible, un shampooing sera proposé au patient avant le départ.
Le déroulement de l’opération
  • Le lifting frontal consiste à faire une longue incision allant du pavillon d’une oreille à l’autre en passant soit exactement sur la ligne d’implantation des cheveux, soit 2 centimètres en arrière, avec décollement cutané jusqu’aux rebords orbitaires et aux pattes-d’oie. L’action consiste ensuite à fragiliser les muscles du front et les puissants muscles intersourciliers. À la fin de l’intervention, on met la peau frontale sous tension et l’on résèque l’excédent.
  • Le lifting temporal ouvert n’agit que latéralement sur les tempes. Les incisions sont placées obliquement dans les cheveux de la région temporale et mesurent de 5 à 8 centimètres environ. Le décollement de la peau peut aller jusqu’au pourtour de l’orbite et aux paupières pour remettre en tension les muscles autour de l’œil et la peau temporale porteuse de la queue du sourcil. Temps opératoire : de 30 à 45 minutes environ par côté.
  • Le lifting fronto-temporal endoscopique a pour originalité la limitation des cicatrices à quelques mouchetures inférieures à 1 centimètre, étagées dans le cuir chevelu et ne laissant quasiment aucune trace. Ensuite, on réalise un décollement complet de la peau du front et des tempes avec affaiblissement des muscles responsables des rides du front et des pattes-d’oie. La remise en tension cutanée se fait par amarrage interne sans retirer de peau. Temps opératoire : de 60 à 90 minutes.
  • Le lifting centro-facial demande une incision de la paupière inférieure, prolongée en dehors très discrètement au niveau de la patte-d’oie, associée ou non, suivant les techniques et les chirurgiens, à une incision temporale. La région des pommettes est alors décollée au niveau de l’os pour être ensuite remontée et fixée soit à la tempe, soit au rebord orbitaire. Il est alors nécessaire de retirer de la peau sans tension au niveau des paupières. Temps opératoire : de 1 à 2 heures.
Le postopératoire

Dans tous les cas, le postopératoire des interventions faciales est régi par l’œdème, ce gonflement postopératoire de l’ensemble des tissus opérés et avoisinants qui se prolonge pendant plusieurs semaines ; il n’empêche plus de sortir au bout de quelques jours, mais fait attendre le résultat final. Aucune de ces interventions n’est vraiment douloureuse : on ressent plutôt une sensation de gêne ou de tiraillement. Quant aux bleus, ils sont extrêmement variables d’un individu à l’autre, dans leur importance comme dans leur durée. Dans les interventions où le décollement est important, une certaine insensibilité du front perdure pendant quelques jours à quelques semaines.

Le résultat

L’efficacité du geste pratiqué sera authentiquement appréciable après 3 à 6 mois d’évolution, période qui permet aux tissus de prendre leur place. Le résultat est un rajeunissement durable de la moitié supérieure du visage, l’atténuation des rides et l’allègement du regard. Tous ces éléments sont subjectifs dans leur appréciation, ce qui doit être bien compris du patient avant qu’il ne prenne la décision de se faire opérer ; si c’est le cas, la satisfaction sera sans aucun doute au rendez-vous.

Risques et complications

Ici, pas de risque de nécrose et pas de complications neurologiques durables. En revanche, on peut observer une zone de perte de cheveux transitoire au niveau des cicatrices, un défaut d’élévation du sourcil d’un côté, une asymétrie de résorption des œdèmes ; ces phénomènes également sont régressifs et transitoires. Un certain degré de creusement à nouveau des rides frontales est possible, et pourra justifier un comblement complémentaire par un produit long terme (graisse autologue, hydroxyapatite).

Les liftings segmentaires en questions

* Va-t-on me couper les cheveux pour un lifting fronto-temporal ?
En aucun cas il n’est nécessaire de laisser une zone rasée en postopératoire. On effectue en effet un rasage initial de certaines régions du cuir chevelu, mais uniquement celles qui sont réséquées ensuite, les sutures sont donc constamment effectuées en zone chevelue. En revanche, on peut voir survenir une chute des cheveux autour des cicatrices dans les semaines qui suivent l’intervention. Ce phénomène, inconstant, est transitoire.

* Vais-je avoir des soins postopératoires ?
Passés les trois premiers jours, les seuls soins prescrits sont le nettoyage des sutures, le plus souvent par un lavage avec un savon ou un shampooing doux et un rinçage à la douche. En l’absence de complications, l’application d’un antiseptique n’est pas nécessaire. Il va en revanche falloir doubler la dose de patience, ce qui se révèle parfois difficile dans cette zone visible.

* Que dois-je faire en cas de complication ?
Tout d’abord, ne perdre ni votre sang-froid ni votre confiance. Votre chirurgien, s’il a les qualifications nécessaires, est parfaitement en mesure de gérer ces complications, qui, dans l’immense majorité des cas, sont sans conséquences sur le résultat définitif. Il faut néanmoins toujours garder le dialogue avec lui ; c’est ce contact étroit qui permet de traverser l’épreuve sans encombre et d’en limiter l’inconfort.

* Peut-on opérer les hommes aussi bien que les femmes ?
Certes, hommes et femmes peuvent bénéficier d’un lifting, surtout un LCF. Pourtant, il existe des petites différences techniques conditionnées par les différences anatomiques, en particulier à cause de la zone d’implantation de la barbe. Cela demande quelques adaptations techniques spécifiques, mais ne complique pas foncièrement l’intervention.

Conclusion
Il serait tout à fait prématuré d’enterrer les techniques chirurgicales et de laisser la médecine esthétique (avec la toxine botulique et les fillers) occuper la totalité du terrain de la moitié supérieure de la face. Les unes et l’autre sont souvent complémentaires, conjointement ou, plus souvent, successivement. Il ne faut pas oublier que la chirurgie a pour objectif un résultat durable à long terme, estimé en années, quand la médecine se positionne plus comme un soin renouvelable avec effet à moyen terme, qui se chiffre en mois. Enfin, les congrès nationaux et internationaux révèlent de nouvelles techniques ou de nouveaux perfectionnements qui témoignent de la bonne santé et de l’avenir de la chirurgie en matière de vieillissement de la face. On observe de plus en plus de résultats et de satisfaction chez les patients avec de moins en moins de contraintes.
Hospitalisation :
Durée intervention :
Pansements :
Arrêt des activités sportives :
Résultat morphologique :
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