Le lifting cervico-facial
Accueil > Opérations > Le lifting cervico-facial
Le lifting cervico-facial
Description

Depuis plusieurs années déjà, on ne parle plus « du lifting » mais « des liftings ». On a vu quels étaient les éléments de vieillissement du visage, avec le creusement des rides et des plis naturels, le relâchement cutané et musculaire, l’amincissement de tous les tissus, os compris, mais ces détails apparaissent à des degrés divers en fonction des individus, de leur passé (tabagisme, ensoleillement, alcool, drogues…) et de leur génétique. Ainsi, nous avons tous dans notre entourage des gens qui font plus que leur âge, et d’autres qui font moins que celui-ci.

Les besoins de chacun sont donc différents et réclament des solutions diverses, parfois successives. La toxine botulique (Botox®) et les produits de remplissage font des miracles, de même que les peelings, les photorajeunissements et les radiofréquences. Pourtant, il arrive un moment où le relâchement cutané et musculaire ouvre la voie de la chirurgie, ce qui n’empêche pas de poursuivre l’entretien médicalisé de la peau grâce aux techniques ci-dessus énumérées.

Nous envisagerons donc une description assez précise du lifting cervico-facial, que, par commodité, nous abrégerons en LCF, puis nous donnerons successivement les particularités du lifting temporal, du lifting frontal, du lifting endoscopique et du lifting centro-facial, ainsi que quelques indications sur le cou.

De quoi s’agit-il ?
Cette technique chirurgicale a pour objet la correction des signes de vieillissement de la face et du cou, latéralement sur la face à partir de la tempe et sur toute la partie antérieure et latérale au niveau du cou. Le but est d’obtenir une correction des altérations du temps au niveau de la queue du sourcil, de la tempe, de la joue et des bajoues, de la région sous-mentonnière et du cou, en respectant parfaitement les mimiques et les expressions qui font la personnalité de chacun. On recherche donc un rajeunissement du visage et non pas une modification de la morphologie, ce qui est le garant d’un résultat naturel et quasi indétectable, et permet de battre en brèche les affirmations selon lesquelles le lifting donne un aspect tiré ou figé qu’on ne peut pas dissimuler.
Il est fréquent d’associer au LCF un geste sur les paupières, supérieures, inférieures ou les deux, ainsi qu’une lipoaspiration des amas graisseux en excès de la région ou une réinjection de graisse autologue.
La consultation préopératoire

Un interrogatoire attentif est toujours nécessaire pour détecter les éventuels éléments médicaux qui pourraient être responsables de complications ; on s’attache donc à rechercher un tabagisme, une artérite ou un diabète, qui augmentent considérablement le risque de retard de cicatrisation et de nécrose cutanée. Le risque est tellement élevé en matière de tabagisme que certains confrères refusent purement et simplement d’opérer les fumeurs, tandis que d’autres leur demandent d’arrêter la cigarette 10 jours, 1 mois, voire 3 mois, avant l’opération et leur font signer un consentement spécial.
La prise de médicaments contenant de l’aspirine est proscrite pendant au moins 10 jours avant l’intervention.
Si l’intervention est réalisée sous anesthésie générale, le protocole habituel préopératoire devra être respecté : bilan biologique, électrocardiogramme, consultation d’anesthésie et jeûne préopératoire.
Par ailleurs, l’information sur les suites et les résultats doit impérativement être claire, notamment sur le fait que ce lifting n’aura qu’une influence modérée sur les sillons nasogéniens, que son effet sera un peu meilleur sur les rides commissurales (coin de la bouche) et totalement nul sur la ride du lion et les ridules péribuccales (lèvres supérieure et inférieure). La satisfaction du patient ne sera complète que si l’information a été suffisamment claire, et le résultat conforme à l’attente.

Les modalités pratiques
  • L’anesthésie : on peut faire appel soit à une neuroleptanalgésie (NLA), soit à une anesthésie générale classique. Le choix sera défini conjointement par le chirurgien et le patient, et éventuellement l’anesthésiste. On a de plus en plus souvent tendance à proposer une anesthésie générale pour ce geste, qui un peu long ; c’est alors la situation de confort, en dehors de toute contre-indication.
  • L’hospitalisation : elle est en règle générale assez courte, de l’ordre de 24 heures. La plupart d’entre nous faisons sortir nos patients le lendemain de l’intervention après ablation du volumineux et confortable pansement pratiqué en fin d’intervention au bloc et des drains éventuels. Si possible, un shampooing sera proposé au patient avant le départ.
Le déroulement de l’opération
  • Les incisions : l’incision que nous qualifions de constante, d’inévitable, se situe sur le pourtour de l’oreille. Si elle ne va pas au-delà, on parle d’un « minilifting cervico-facial » ; les cicatrices, pour courtes qu’elles soient, n’empêchent pas d’agir efficacement sur les muscles, mais sans descendre trop bas sur le cou. Dans le lifting classique, elles se prolongent vers le haut, soit dans les cheveux, soit plus en avant, sur la ligne d’insertion temporale des cheveux. En arrière, elle part horizontalement ou plus verticalement dans l’aire chevelue de l’occiput et du cou.
  • Le geste opératoire : c’est, comme pour les seins, un domaine ou chacun applique sa technique, fruit de sa propre expérience, celle qu’il maîtrise et qui sera le mieux à même de satisfaire ses patients. Les principes de base sont cependant communs et consistent en un décollement de la peau, puis du plan des muscles superficiels, appelé SMAS (sub musculo aponevrotic system). C’est précisément le SMAS qui est relâché et que l’on remet en tension, soit par résection, c’est-à-dire en en retirant un morceau, soit par plicature, c’est-à-dire en le repliant sur lui-même. Il faut ensuite réséquer l’excès cutané en évitant de tirer au niveau de l’oreille, et surtout du lobe de l’oreille. C’est souvent le fait que ce dernier soit attiré vers le bas qui trahit la pratique d’un lifting. Le temps opératoire varie en fonction du praticien, entre 2 et 3 heures.
  • Les sutures cutanées : maintenant, presque tout le monde les fait à l’intérieur de l’oreille et non plus en avant. Les sutures sont faites sur plusieurs plans, et celles du plus superficiel dépendent du chirurgien : fils résorbables ou non, ou agrafes, qui sont retirées au dixième jour environ.
  • Le pansement : le premier pansement est volumineux et confortable, mais légèrement compressif. On l’enlève dès le lendemain de l’opération, ainsi que les drains s’il y en a, puis on peut faire pratiquer un shampooing avant la sortie. On ne remet habituellement pas de pansement, ce qui évite des soins compliqués au domicile.
Le postopératoire
  • Les douleurs : elles sont faibles, plutôt apparentées à une gêne douloureuse liée à la difficulté de tourner la tête d’un côté ou de l’autre du fait des sutures musculaires, et peuvent justifier la prise de médicaments antalgiques pendant quelques jours. Cet état va se prolonger durant 3 à 4 semaines, avec atténuation progressive et quotidienne.
  • L’œdème des tissus : il est inévitable, comme dans n’importe quel acte chirurgical, il peut se prolonger pendant 3 à 4 mois, mais il est plutôt localisé aux parties latérales du visage, sauf si l’on a simultanément effectué un geste sur les paupières.
  • Les ecchymoses : les bleus apparaissent rapidement dans les heures qui suivent l’intervention, s’ils apparaissent. Parfois, on observe seulement quelques marques jaunes ou vertes tout en bas du cou. C’est la phase où il vaut mieux éviter la prise de médicaments à base d’aspirine.
  • L’éviction sociale : elle est très variable en fonction des sujets. Comptez de 1 à 3 semaines, mais on peut très rapidement se maquiller, et donc être présentable. Les techniques modernes de lifting, notamment le minilifting, ont permis de réduire de façon considérable l’éviction sociale.
Le résultat
  • La durée jusqu’à obtention du résultat : dès l’ablation du premier pansement, on peut se rendre compte au toucher que l’excès cutané des joues et du cou s’est résorbé. À ce stade, les tissus sont même assez tendus en prévision du relâchement ultérieur, dont l’importance dépend des qualités de la peau de chacun. Le résultat se profile tous les jours au fur et à mesure de la résorption des ecchymoses, puis des œdèmes, enfin de l’estompement des cicatrices, mais il faut attendre près de 6 mois pour parler vraiment de résultat définitif. Il faut surtout être patient pour que les désagréments disparaissent : sensation de cartonnage des oreilles et des joues, de gonflement, insensibilités, tout cela s’améliore de jour en jour. Il faut laisser le temps au temps.
  • La pérennité : elle est en fait excellente, le résultat obtenu ne se perd jamais. En revanche, le temps n’interrompt pas son œuvre de vieillissement des tissus de la face. C’est là que réside l’intérêt de la complémentarité entre chirurgie et médecine esthétique. Un entretien régulier et médicalisé des téguments permet de reculer le jour où l’on a envie de refaire un lifting (entre 8 et 12 ans).
  • La variabilité : l’appréciation du résultat dépend des qualités de la peau de chacun, mais également de l’attente de chacun vis-à-vis du résultat. Une fois de plus, il faut rester « synthétique » dans son estimation, apprécier le mieux apporté par l’opération et ne pas entrer dans l’analyse des détails, car il est alors toujours possible de trouver des défauts. Répétons-le, le regard des autres dans la vie courante n’est jamais analytique. Enfin, d’expérience, je note que l’appréciation que porte sur l’intervention un nouvel opéré dépend en grande partie des commentaires qui lui sont faits dans les semaines qui suivent, mais ces appréciations dépendent elles-mêmes des rapports qu’il a avec son entourage (intimité, distance, domination, personnelle ou professionnelle…). Le résultat peut tout de même présenter des imperfections, liées au retour partiel du relâchement cutané ou à la qualité des cicatrices. Une retouche peut se révéler nécessaire entre 6 et 12 mois plus tard.
     
Risques et complications

Sans surévaluer les risques, il faut savoir que le LCF présente tous ceux de la chirurgie en général (y compris les risques anesthésiques), mais que le nombre de complications est statistiquement inférieur car on endort un patient en bonne santé en dehors d’un contexte d’urgence.
Ces complications sont d’autant plus rares que le chirurgien choisi est formé et entraîné à la chirurgie plastique. Malgré cela, un certain nombre d’entre elles peuvent survenir ; beaucoup sont bénignes et facilement curables, ce sont de loin les plus fréquentes ; les plus graves sont aussi les plus exceptionnelles.

  • Les hématomes : ils surviennent habituellement dans les heures qui suivent le geste initial. Ils peuvent nécessiter un retour au bloc en urgence pour évacuation, mais ne compromettent en rien le résultat final.
  • L’élargissement cicatriciel : Survient 6 à 12 mois après l’intervention, de manière insidieuse et progressive. La gêne engendrée dépend de la zone cicatricielle qui s’élargit. Une reprise, parfois sous anesthésie locale simple après au moins un an résout habituellement le problème.
  • La nécrose cutanée : elle survient derrière l’oreille, prolonge la pratique de pansements bien au-delà de la date prévue et justifie une reprise cicatricielle quelques mois plus tard.
  • Les parésies nerveuses d’une branche du facial : elles sont spectaculaires mais transitoires, contrairement à la paralysie faciale, exceptionnelle, qui n’est pas due à une faute opératoire mais à une susceptibilité individuelle du nerf facial.
Le lifting cervico-facial en questions

* Ne suis-je pas trop jeune ou trop vieille pour faire un lifting ?
Le bon âge pour pratiquer un lifting est celui auquel vous en avez envie, si votre état de santé le permet. Il arrive, parfois, qu’on pratique des liftings avant 40 ans ou après 90. Ce qui compte ici, plus encore que pour n’importe quel acte chirurgical, c’est l’âge physiologique, celui de vos artères entre autres, plus que l’âge civil. Lors d’une demande, c’est au chirurgien de savoir raison garder, mais si un lifting n’est jamais indispensable, il peut être très utile. C’est une chirurgie de l’envie, et il n’y a pas d’âge pour l’envie.

* Est-ce que je serai figée ?
Les dernières années ont vu l’apparition de détails techniques qui vont tous dans le sens du naturel, ce qui est demandé par la quasi-totalité de nos patients. Le respect des traits et des mimiques est lié au faible décollement de la peau et au respect des jonctions entre la peau et les muscles. Les anciens liftings étaient certes moins respectueux de ces détails, et l’on en voit encore beaucoup.

* Est-ce qu’on verra quand même la différence ?
Heureusement, la personne humaine est dotée de qualités d’oubli : quelques semaines à peine après l’intervention, on a complètement oublié le visage que l’on avait avant ; c’est la raison d’être des photographies préopératoires et postopératoires, avec les mêmes incidences et le même éclairage. La différence est alors patente. Au niveau de son entourage, et faute de recevoir des compliments (finalement, on les attend toujours), on n’entend déjà plus les réflexions désagréables telles que : « Oh, tu as l’air fatiguée, toi, tu as mal dormi ? » ou bien « Tu as vraiment besoin de vacances » ou encore « Tu as des soucis en ce moment ? Tu sais, si je peux t’aider… » En réalité, puisque vous vous êtes fait opérer pour vous, n’attendez pas les commentaires de vos proches pour éprouver de la satisfaction.

* Au bout de 10 ans, ne serai-je pas pire qu’avant ?
On pense bien entendu à l’« effet Cendrillon ». Non les 10 ans annoncés de durée raisonnable du résultat ne sont pas comme les douze coups de minuit, et vous n’allez pas vous retrouver brutalement en haillons dans une citrouille. Seuls les 10 ans écoulés ont fait leur œuvre, et ils l’auraient fait plus sévèrement encore si vous n’aviez pas été opéré. Donc, pas de regrets…

* Peut-on refaire un lifting, et quand ?
Si nécessaire et jusqu’à trois fois si votre état de santé le permet. La date du deuxième lifting n’est pas fixe ; il faut le refaire quand vous en avez envie et quand les années ont de nouveau accumulé leurs effets.

Conclusion
Les complications sont rares et la satisfaction est la règle, avec un retentissement psychologique associé (notamment chez les femmes de la cinquantaine, qui subissent les inconvénients de la ménopause et, souvent, des modifications de leur vie sociale).
Notre avis
La chirurgie du lifting s’est beaucoup allégée, de même que les suites opératoires. Les liftings réussis sont indétectables.
Hospitalisation :
Durée intervention :
Pansements :
Arrêt des activités sportives :
Résultat morphologique :
X